Dimanche 21 décembre 2008
Mon ordinateur posé sur la pile de textes, sur Haudricourt, sur tous ces hommes, la modernité prend le pas sur les sciences humaines.
Je m'assoie et je l'allume, l'ordinateur, les bougies au caramel, j'allume la machine et l'homme à qui je vais donner ma vie., de mes yeux inconscients, de ma main ignorante. Je m'assoie sur le rotin, chaque mot et chaque objet a une histoire. Mes mains qui vous parlent ont une histoire sans fin, des ongles à la paume, qui ont touché et ressenti tellement de choses, et en même temps si peu.
Je m'assoie et je touche le clavier en plastique, je cherche Radio Orient, je ne comprends pas, mais je chante, "ya 3omri", ça me suffit.
Car, comme l'a dit le cousin de Kennan, "fi kul oughnia arabia, fi "habibi".
Fi hob. Fi naar kabir.

Les arabes, ah les arabes, la France est marocaine et le Maroc est français tu sais mon amour. Je suis au Maroc dans les rues de Lyon, les hommes me regardent avec leurs yeux qui brillent et leur peau en caramel.
A Poitiers mon amour, partout mon amour. Des arabes.

" - Comment veux-tu ta fiancé ya ibni ?"
- Oumi, je la veux aux yeux profonds, comme des amandes, et la bouche comme de petits raisins secs, et les cheveux noirs comme le corbeau, et le visage comme la lune, oumi".

Fi 7ob fi 'albi fi naar fik 7abibi.

Ce sont les vacances les plus terribles de toute mon année scolaire, déchirure entre besoin à l'assouvissement direct ou besoin à long terme. Travailler, aimer, dormir jamais.

Les mots n'ont aucune valeur, bien qu'assise, sur le rotin de Noumette, le bureau en bois qui sent bon, le lit bien fait, le narguilé qui me fait des clins d'oeil, la porcelaine remplie de thé à l'orange et les chocolats, petite saveur de toi mon amour.
Et, au milieu des parfums, par amour toujours, Clarins, l'air du temps, fruit de la passion, fleur d'oranger de Fragonard, Anais Anais, des bijoux qui trainent, les désirs soudains et l'envie de les porter. Une lampe qui allume les poètes les soirs d'inspiration. Un fauteuil et des vétements trop beaux pour être porter, le mur et les extravagances de leur propriétaire. "Maman, je voudrais que ce soit tout blanc, comme ça je pourrais peindre dessus..". Des nuages en papier bleur et une étoile jolie jolie, des lumières roses et une envie de partager, carte postable de Tozeur, de Dublin,  de Bruxelles. collier de Tchoukotka, de Mongolie, d'Amérique. Une poésie, une broderie, une affiche chinoise, une annonce damascène et Lena Chamamian, Léa dans un cadre, la déclaration des droits de l'homme et les réunions de rentrée.

On regarde un peu plus bas, un parapluie violet, plus haut, trois livres et des allumettes, au centre, on y arrive, deux piles de livres. Qu'il faut lire.

Alors,


lisons.
Par ilovetheworld - Publié dans : parce que la poésie c'est la vie
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.M'ssieurs dames.

.c'était le bon temps.

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