Est-ce de la poésie que de
décrire les livres de son étagère ? Allongée sur le lit, fumant une cigarette imaginaire ?
Est-ce de la poésie que te dire je t'aime ?
Si vous ne pouvez être un poète, soyez un poème.
Alors, poétisons.
Les lettres persanes, les plans coloc, tristes tropiques, prophètes et prophéties, le troisième oeil et le petit prince. Le manifeste du parti communiste, raison orale, raison numérique, voyages
ethnographiques, le Prince, le petit Prince.
J'aimerai te faire caresser ces mots comme une plume amuse les pages, comme ma timidité me ronge et il ne reste rien qu'autre chose que l'essence de moi-même. Tu restes identique à ces changements
de face, tu me souris me clin-d'oeilises et m'aimes d'une façon inégalable.
C'est vouloir te demander pardon qui me dit d'arrêter tout, ou alors quand je vois ton sourire apaisant, tes mains aventure, tes lèvres voyageuses.
Tu te souviens de ce fruit de passion ? De cette eau sucrée, de ces bisous animés ?
Hum, et ta petite voix innocente de langue, fruit de passion je te veux...
C'est une toute autre vie que de t'espérer toutes les nuits, Lévi Strauss et Godelier, jaloux par nature, me le pardonneront-ils un jour ? Je sais que tu m'aideras à les calmer, par quelque eau de
Freud et verre de Carnegie.
Regarde mon amour cette source inépuisable que tu t'offres à moi, cette magie de connaissances du Monde, ce secret de la vie qui fait rougir mes petites joues.
Regarde mon amour, comme le temps passe trop peu vite, comme il passe vite, le relativisme est un parfum agréable que je t'offre si tu veux de moi.
Je suis dans le flou lyonnais de l'intolérance du Monde, je suis dans le superflu improbable vérité que je t'attends chaque soir au pied de la porte.
La clé.
Le bonheur.
L'amoureux. Enfin.
Je suis loin de moi-même et je me suis perdue, tu nourris parfois ce non-retour à la vraie poète, au bébé anthropologue qui pourtant vouloir naître. Promets-moi de rester toi-même et tes doigts
amoureux, afin de m'aider à me retrouver moi-même et la raison, mon envie, d'être dans tes yeux.
Dimanche 21 décembre 2008
Mon ordinateur posé sur la pile de textes, sur Haudricourt, sur tous ces hommes, la modernité prend le pas sur les sciences humaines.
Je m'assoie et je l'allume, l'ordinateur, les bougies au caramel, j'allume la machine et l'homme à qui je vais donner ma vie., de mes yeux inconscients, de ma main ignorante. Je m'assoie sur le
rotin, chaque mot et chaque objet a une histoire. Mes mains qui vous parlent ont une histoire sans fin, des ongles à la paume, qui ont touché et ressenti tellement de choses, et en même temps si
peu.
Je m'assoie et je touche le clavier en plastique, je cherche Radio Orient, je ne comprends pas, mais je chante, "ya 3omri", ça me suffit.
Car, comme l'a dit le cousin de Kennan, "fi kul oughnia arabia, fi "habibi".
Fi hob. Fi naar kabir.
Les arabes, ah les arabes, la France est marocaine et le Maroc est français tu sais mon amour. Je suis au Maroc dans les rues de Lyon, les hommes me regardent avec leurs yeux qui brillent et leur
peau en caramel.
A Poitiers mon amour, partout mon amour. Des arabes.
" - Comment veux-tu ta fiancé ya ibni ?"
- Oumi, je la veux aux yeux profonds, comme des amandes, et la bouche comme de petits raisins secs, et les cheveux noirs comme le corbeau, et le visage comme la lune, oumi".
Fi 7ob fi 'albi fi naar fik 7abibi.
Ce sont les vacances les plus terribles de toute mon année scolaire, déchirure entre besoin à l'assouvissement direct ou besoin à long terme. Travailler, aimer, dormir jamais.
Les mots n'ont aucune valeur, bien qu'assise, sur le rotin de Noumette, le bureau en bois qui sent bon, le lit bien fait, le narguilé qui me fait des clins d'oeil, la porcelaine remplie de thé à
l'orange et les chocolats, petite saveur de toi mon amour.
Et, au milieu des parfums, par amour toujours, Clarins, l'air du temps, fruit de la passion, fleur d'oranger de Fragonard, Anais Anais, des bijoux qui trainent, les désirs soudains et l'envie de
les porter. Une lampe qui allume les poètes les soirs d'inspiration. Un fauteuil et des vétements trop beaux pour être porter, le mur et les extravagances de leur propriétaire. "Maman, je
voudrais que ce soit tout blanc, comme ça je pourrais peindre dessus..". Des nuages en papier bleur et une étoile jolie jolie, des lumières roses et une envie de partager, carte postable de
Tozeur, de Dublin, de Bruxelles. collier de Tchoukotka, de Mongolie, d'Amérique. Une poésie, une broderie, une affiche chinoise, une annonce damascène et Lena Chamamian, Léa dans un cadre,
la déclaration des droits de l'homme et les réunions de rentrée.
On regarde un peu plus bas, un parapluie violet, plus haut, trois livres et des allumettes, au centre, on y arrive, deux piles de livres. Qu'il faut lire.
Alors,
lisons.
La Syrie est un pays très joli, rempli de curiosités, romaines, bysantines mais aussi arabes. On y mange du mouhammara et des loukoums, on y parle l'arabe, et le dialecte est proche de l'arabe
littéraire. A sa gauche, le Liban, en haut la Turquie, en bas la Jordanie, la Palestine et Israel, et à l'Est se trouve l'Irak. Joli programme pour une âme qui ne saurait pas quoi faire.
Personne ne pense que des milliers de pierres sont encore debout dans ces terres arides comme vertes de pommiers : du temple romain au château fortifié, les archéologues en herbe n'ont qu'à
apporter leur pelle et leur seau, il y a de quoi faire. Et pour les routards de première, welcome in Syria comme on dit chez nous, vous allez aimer, oui, mesdames messieurs, la Syrie regorge de
bédouins à la langue araméenne dont la sympathie est l'air de mes poumons, mais aussi des routes et des vallées à se taper en plein 40 degrés, une bouteille d'eau à quelques centimes, une banane et
un paquet de gâteaux à la figue, bienvenue à tous.
Le Songe d'une nuit d'été (A Midsummer Night's Dream) est une comédie de Shakespeare, sans doute écrite vers 1595 et
publiée en 1600 ; la première représentation dont on ait la trace a eu lieu en 1604.
C'est une histoire complexe dont l'action se déroule en Grèce et réunit deux couples de jeunes amants, Lysandre, Démétrius, Hélène et Hermia.
Hermia veut se marier à Lysandre, mais son père, Egée, veut qu'elle se marie à Démétrius, dont est amoureuse Hélèna. Lysandre et Hermia s'enfuient dans la forêt, poursuivis par Démétrius, qui est
lui-même poursuivi par Hélèna. Pendant ce temps, Obéron, roi des fées, a ordonné à Puck de verser une potion sur les paupières de sa femme, Titania. Il entre dans la forêt avec Puck. Pendant la
nuit, la confusion règne.
La scène la plus connue est l'apparition de Bottom, qui porte une tête d'âne, avec Titania, qui par la magie de Puck en est tombée
amoureuse.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Songe_d'une_nuit_d'%C3%A9t%C3%A9